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Presse

Article sur l'album Pinocchio dans le Télérama du 03/02/2010 "Il était une fois, un loup, un prince... Eh bien non, rétorque Carlo Collodi (1826-1890), « vous vous trompez. Il était une fois... un morceau de bois ! ». Ainsi commence l'histoire de Pinocchio, dont les aventures furent publiées en feuilleton dans la presse italienne dès 1881. Selon Italo Calvino, cité en exergue, « un classique, c'est un livre qui n'a jamais ni de dire ce qu'il a à dire ??. La preuve ? Cet album grand format dans lequel il y a autant à lire qu'à regarder; qui ressuscite le pantin légendaire, sans dédaigner l'amour de la belle ouvrage : de la mise en page à la nition de l'objet, de la nouvelle traduction tout en gaieté de Claude Sartirano aux images virevoltantes de Nathalie Novi. L'illustratrice, pastels et mine de plomb en main, crée du mouvement, des rythmes changeants. Elle imagine des perspectives géantes qui donnent le goût de l'ailleurs, bifurque sur des visages en gros plan, leur donne des expressions troublantes. Elle propulse la narration en l'accompagnant de mille couleurs chaudes. Les personnages, Geppetto, la Fée et Pinocchio, s'animent dans des mises en scène dignes de la commedia dell'arte. Ce n'est plus le énième album de Pinocchio, c'est une gourmandise." Martine Laval. ? Interview de Nathalie Novi par Patricia Matzakis dans la revue Citrouille mars 2010 Ces lettres d?automne étaient consacrées à l??uvre de Sylvie Germain, et l?idée de Confluences était d?établir des passerelles entre l?univers de l?illustration jeunesse et la littérature. Pour se faire, il t?a été proposé de venir une semaine en résidence à Montauban, pour produire deux ?uvres sur le thème de la métamorphose. Pour nourrir ton imaginaire, tu t?es plongé dans son roman Tobie des marais. La nature habite ses univers, et les arbres peuplent sa littérature. Elle tourne autour de ses personnages avec des mots-ciseaux, comme pour les sculpter, les façonner, elle leur donne une épaisseur troublante souvent sur le fil d?une réalité transfigurée et fabulatrice. Elle aime jouer avec ces limites, et emmène le lecteur dans le souffle et les sinuosités d?une écriture puissante. Tu allais pouvoir t?en donner à c?ur joie, tu es si souvent dans la représentation métaphorique! Ce festival est tellement magique que j'avais oublié l'existence de ces deux mondes, pas si distincts à mon sens, que sont la littérature jeunesse et cette Autre, plus adulte, qui parle cependant si souvent de l'enfance... Plus de passerelles donc. Juste une évidence toute simple, celle des mots qui font naître des images, des émotions colorées ou non, des compositions de lumière et d'ombre, des phrases qui réveillent des désirs de peintures, des formes, des couleurs, du mouvement qui donnent envie d'écrire, les contes et légendes de toujours qui inspirent le plus adulte d'entre nous, des histoires qui fabriquent du sens, l'essence même de la créativité, quelle qu'elle soit, peinture, danse, déclamations sourdes et profondes, silence et résonance, poésie, chant ... le tout emmêlé, enraciné dans un seul et même c?ur. Voilà ce que sont les Lettres d'automne à mon sens... Là - bas, je me sens juste peintre, heureux lecteur, auditeur, spectateur (je suis navrée, c'est moins joli au féminin étrangement!), oui, peintre. Comment as-tu reçu la proposition de confluences ? Il est des cercles dans la vie... ceux que l'on traverse, ceux dans lesquels on évolue naturellement, et puis d'autres, infranchissables, on ne sait pourquoi, c'est ainsi. Confluence est un cercle ouvert où l'écoute est belle et l'échange fait de poésie et de merveilles. Je suis entrée en cet endroit avec curiosité et gourmandise, avec mes rêves et mes désirs aussi... Celui de peindre surtout et par-dessus tout... Nicole Murcia-Petit m'a entendue et telle une fée, m'a permis de réaliser ces v?ux en m'offrant dix jours de travail ardent où les seuls fils à suivre étaient le Merveilleux et l'arborescence. Tel un oiseau sur sa branche, je me suis installée dans cet atelier fait de briques et d'histoire et m'y suis perdue avec délice. J'oubliais les petits formats si chers à mon c?urs et me plongeais dans le kraft étendu face à moi, libre de mes mouvements, tellement libre, moi qui le suis déjà! Ton dessin est né dans la noirceur de la mine de plomb, tu fais des infidélité au pastel? ... Je délaisse parfois la graisse du pastel pour la mine , plus fine des crayons de bois ... dessiner davantage le trait, aller au plus juste du regard pour se perdre mieux dans la tourmente des pensées... la couleur que j'emploie est faite d'ombres , mais colorées... de collines et de plaines, de lumière parfois saturée ... Quel que soit l'outil que j'utilise , mine de plomb , pastel, peinture à l'huile ou eau forte, je recherche toujours la même chose, tenter de comprendre ce qui se passe de l'autre côté du miroir, comment un corps se fond et se confond avec le ciel dans lequel il évolue, comment l'immobilité se détache de la lumière, pourquoi un geste, une attitude traduit un sentiment , comment un simple mouvement peut le taire... Tobie des marais a accompagné cette résidence avec un naturel sidérant... Je partais du tout possible face à cet espace de liberté qu'offrait ma résidence montalbanaise. Ce luxe d'avoir du temps devant soi pour se laisser aller à une forme d'improvisation face à une feuille de kraft et peu d'outils pour s'encombrer. Comme un danseur s'étirant sur une note, j'abordais le papier comme on entre dans un voyage inconnu mais déjà aimé. Tobie s'est inscrit là, entre son ciel d'orage et sa solitude d'enfant , dans le silence du crayon qui griffe, creuse , s'épuise, hésite, jubile, et monte sa noirceur en neige , frénétiquement . Avec Tobie, j'ai traversé des paysages désolés et enracinés, les ciels tourmentés de l'âme, j'ai confondu la sienne et la mienne, j'ai pleuré j'ai souri... Ce n'est pas lui que j'ai voulu représenté mais l'Enfance. Lui m'a accompagnée, tout simplement, le jour, la nuit. J'étais juste peintre à cet endroit, pas de mise en lumière, juste un fil à suivre, guidée par le merveilleux, je me suis envolée dans ma propre histoire, celle qui se raconte peu et qui m'étonne parfois... Le ciel enraciné de branches, le monde inversé, les oiseaux qui passent et posent la couleur, les enfants silencieux au dehors et tellement épiques au-dedans... c'est tout ce qui m'intéresse, c'est Moi, petite, mes s?urs, mon frère, mon enfant, l'endroit et l'envers où l'on s'inscrit, à jamais, pour un temps, l'intemporalité de la petite minute d'éternité... Au vu du travail achevé, il s?avère que la mine de plomb sert totalement Le sujet de la métamorphose, en effet, la lumière joue étonnamment avec La matière, nous bougeons autour des ?uvres et le regard se pose sur des jeux de chatoiement de la brillance du graphite et d?ombres très noires. L?image n?a plus rien de figée mais réagie, elle donne à voir une tout autre réalité et notre vision est troublée, incertaine. Je comprend mieux ton choix!

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